La gestion intégrée des eaux pluviales
Gérer de façon durable et intégrée vos eaux pluviales, c'est infiltrer l’eau au plus près de son point de chute.
Qu'est-ce qu'une gestion intégrée des eaux pluviales ?
Pendant des décennies, le réflexe face à la pluie a été de l'évacuer le plus vite possible par des réseaux de tuyaux souterrains. En recouvrant nos parkings, zones logistiques et sites d’entreprises de bitume ou de béton, nous avons rompu le cycle naturel de l'eau.
Cette imperméabilisation des sols pose aujourd'hui des risques concrets pour les organisations : elle sature les réseaux publics (provoquant des risques d'inondation), prive la biodiversité locale d'eau et transforme les espaces extérieurs en véritables îlots de chaleur lors des canicules.
La gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP) propose un changement de modèle simple et vertueux : gérer l'eau de pluie là où elle tombe, en favorisant l'infiltration naturelle ou la récupération.
Quels sont les bénéfices d'une gestion intégrée des eaux pluviales ?
✅ Jusqu'à 23 % d'économie sur les travaux : Éviter les réseaux enterrés classiques permet de réduire les coûts de construction neufs.
✅ Un coût de stockage divisé par 3 : Gérer l'eau à ciel ouvert dans un espace vert coûte 20 à 50 €/m³, contre 120 à 160 €/m³ pour des installations enterrées (tranchées ou chaussées réservoirs).
✅ Réduction du risque inondation : L'eau est absorbée immédiatement là où elle tombe limite le risque d'inondation locale.
✅ Rafraîchissement naturel du site : L'eau stockée dans les sols abreuve la végétation qui, en s'évaporant, agit comme un climatiseur naturel pour réduire les îlots de chaleur.
Quelles sont les conditions d'efficacité ?
⚠️ Anticiper cette gestion des eaux pluviales dans tous les projets urbains : en « neuf » comme en réhabilitation/reconstruction/transformation.
⚠️ La plurifonctionnalité des aménagements : concevez vos espaces de travail pour qu'ils soient capables de s'occuper de l'eau en plus de leur rôle habituel.
⚠️ Développer la culture de la transversalité : décloisonner les différents services et structures pour travailler tous ensemble à la gestion durable des eaux.
Quelles solutions de gestion intégrée des eaux pluviales ?
Pour redonner sa place à l'eau, il s'agit de troquer les tuyaux contre des aménagements naturels et visibles. Selon votre terrain et vos besoins, plusieurs techniques alternatives de gestion des eaux pluviales existent. Quelques exemples :
- Les noues paysagères et fossés : De légers creux verdoyants qui guident, stockent et infiltrent l'eau en douceur.
- Les revêtements perméables : Des pavés à joints herbeux, des graviers ou des bétons drainants pour les parkings et les allées, permettant à la pluie de traverser directement le sol.
- Les jardins de pluie et massifs creux : Des espaces fleuris conçus pour recueillir temporairement l'eau des toitures avant qu'elle ne s'infiltre.
- Les toitures végétalisées : Des toits recouverts de plantes qui agissent comme une éponge en absorbant les premières gouttes.
💬 Retours d'expérience
Vinci Facilities : anticiper les fortes pluies tout en améliorant le confort d'été
Lorsque Vinci Facilities Alsace identifie les principaux risques climatiques de son site (hausse des températures, îlot de chaleur urbain, ruissellement et risque d'inondation), l'entreprise choisit de privilégier des aménagements qui répondent à plusieurs enjeux en même temps.
Parmi les réalisations mises en place figure une mare servant de zone tampon lors des épisodes pluvieux. L'objectif est de favoriser l'infiltration de l'eau tout en limitant le ruissellement.
Cette approche s'inscrit dans une réflexion plus large sur les solutions fondées sur la nature, engagée malgré les contraintes liées au fait que l'entreprise n'est pas propriétaire de l'ensemble du site.
"On a commencé par les solutions fondées sur la nature parce qu'il faut du temps pour que ça pousse. Et elles nous permettent de travailler plusieurs risques d'un coup.
Noémie Fitterer, Vinci Facilities Alsace
Chiffres clés
- 💧 création d'une mare jouant le rôle de zone tampon
- 🌳 aménagements pensés pour répondre simultanément à la chaleur et au risque de ruissellement
- 💶 investissement global du projet : environ 110 000 €, dont 30 000 € pour la conception et la réalisation des aménagements paysagers
Pocheco : devenir autonome en eau grâce à la récupération des eaux de pluie
L'imprimerie Pocheco a déconnecté son site industriel des réseaux publics pour gérer 100 % de ses eaux de pluie et de process directement sur place.
- 1 000 à 1 500 m³ d'eau économisés par an : Une autonomie totale qui couvre l'intégralité des besoins industriels (sanitaires, nettoyage, dilution des encres et arrosage).
- Zéro impact en cas de sécheresse : Une production sécurisée face aux restrictions d'eau préfectorales grâce à une capacité de stockage de 100 m³.
- Énergie divisée par 10 : Les ateliers sont rafraîchis en été grâce à une climatisation adiabatique alimentée par l'eau de pluie récupérée, consommant 10 fois moins d’énergie qu’une climatisation classique.
Pour aller plus loin
5 bonnes raisons de recourir à la gestion durable et intégrée des eaux pluviales Ouvre une nouvelle fenêtre
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Questions fréquentes
L'assainissement classique consiste à évacuer l'eau le plus vite possible vers des ouvrages enterrés, sans lien avec les autres usages du site. La gestion intégrée, elle, profite d'un projet d'aménagement ou de rénovation pour combiner la gestion de l'eau avec les autres fonctions des espaces extérieurs (circulation, stationnement, végétalisation) plutôt que d'ajouter un réseau dédié uniquement à l'eau. C'est cette approche transversale, qui associe plusieurs objectifs sur un même espace, qui distingue la gestion intégrée de l'assainissement traditionnel et qui explique une partie des économies constatées, à la fois à l'investissement et à l'exploitation.
Plusieurs aménagements sont combinables selon le terrain disponible : les noues paysagères conviennent aux espaces extérieurs ouverts pour stocker et infiltrer l'eau en douceur, les revêtements perméables (pavés à joints herbeux, bétons drainants) s'adaptent aux parkings et allées carrossables, tandis que les jardins de pluie et les toitures végétalisées permettent de gérer les eaux de toiture au plus près de leur point de chute.
Sur un exemple concret, un aménagement commercial en milieu périurbain francilien (voiries, cheminements, 62 places de parking, espaces verts) a vu son coût total passer de 653 000 € à 504 000 €, soit une économie de 149 000 € (23 %), en remplaçant les ouvrages hydrauliques classiques par de l'infiltration. Ces gains proviennent principalement de l'évitement des ouvrages enterrés coûteux et d'un entretien facilité sur des aménagements de surface plutôt que souterrains. (Ouvre une nouvelle fenêtre) source : Guide PERIFEM
Sources :
1. CEREMA, (Ouvre une nouvelle fenêtre) La pluie une ressource essentielle.
2. Agence de l'eau Normandie, (Ouvre une nouvelle fenêtre) Guide Eau & biodiversité
Date de dernière mise à jour : 3 avril 2026