Fortes chaleurs au travail : comment Esprimed a construit son plan chaleur avec ses salariés


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Secteur : santé - conseil et expertise en radioprotection
Taille : environ 25 salariés
Localisation : siège à Courbevoie (92), avec des équipes réparties dans toute la France
Activité : accompagnement des établissements de santé sur les enjeux de radioprotection, notamment en imagerie médicale
Conditions de travail : une quinzaine de chargés d'affaires alternent télétravail, déplacements en voiture et interventions chez les clients. Les autres travailleurs exercent principalement au siège, dans des bureaux climatisés.

Le déclencheur

Quand la chaleur devient un sujet de travail

Chez Esprimed, le risque lié à la chaleur ne saute pas immédiatement aux yeux. Cette PME d'environ 25 personnes est spécialisée dans le conseil et l'expertise en radioprotection auprès des établissements de santé, notamment en imagerie médicale. Son siège, à Courbevoie, est climatisé.

Mais une partie importante du travail se déroule ailleurs. Les chargés d'affaires sont répartis dans toute la France. Ils travaillent régulièrement depuis leur domicile, prennent la route et interviennent dans des établissements de santé.

Fin juin 2026, alors qu'une canicule exceptionnellement intense touche la France, Jérémy Coulot, directeur général d'Esprimed, constate lui-même qu'il lui est plus difficile de se concentrer lorsqu'il travaille chez lui. Le sujet commence alors à prendre une autre dimension.

Le sujet trouve rapidement un écho très concret : quelques jours auparavant, le responsable RH avait dû interrompre une visioconférence avec un collaborateur en télétravail, pris de maux de tête. Installé dans un bureau aménagé sous les combles, avec un Velux exposé au soleil, celui-ci avait trop chaud et avait dû faire une pause.

Ces situations font émerger une question : dans quelles conditions les équipes travaillent-elles réellement lorsqu'il fait très chaud ?

Les échanges avec les équipes font apparaître que la chaleur concerne bien d'autres situations que le travail au bureau : le télétravail, mais aussi les déplacements et les interventions chez les clients.
L'entreprise décide alors de structurer les réponses à apporter dans un plan chaleur, en s'appuyant sur les niveaux de vigilance de Météo-France pour déclencher progressivement les mesures.

Je me suis dit : il faut qu'on fasse quelque chose, qu'on ne fasse pas comme si nous n'étions pas concernés.

Jérémy Coulot

  • Directeur général d'Esprimed

Comment le plan chaleur a été construit

💬 1. Commencer par écouter les équipes

Avant de construire le plan chaleur, Jérémy Coulot envoie un questionnaire à l'ensemble des salariés pour savoir comment ils ont vécu le premier épisode de chaleur, quelles difficultés ils ont rencontrées et recueillir leurs suggestions.

La démarche fonctionne : une majorité des salariés répond rapidement. Parmi les besoins exprimés figurent notamment la possibilité d'aménager les horaires de travail ou de disposer d'équipements, comme un ventilateur, pour mieux supporter la chaleur en télétravail.

Jérémy Coulot et le responsable RH s'appuient sur ces retours pour construire le plan chaleur. Plutôt que de définir les mesures uniquement depuis le siège, ils cherchent ainsi à partir des difficultés et des besoins exprimés par les personnes directement concernées.

Il ne faut pas essayer de pondre un truc sorti de la tête du dirigeant et qui devrait s'appliquer à tout le monde. Il vaut mieux partir des attentes et des problématiques des salariés pour construire quelque chose d'adapté.

Jérémy Coulot

  • Directeur général d'Esprimed

2. Regarder où et comment le travail s'effectue réellement

Une fois le sujet posé, Jérémy Coulot et le responsable RH regardent plus précisément les différentes situations dans lesquelles les salariés peuvent être exposés à la chaleur. Car pour une entreprise dont les équipes sont réparties dans toute la France, le risque ne se limite pas à la température dans les bureaux.

  • Au bureau : les locaux sont climatisés, le plan identifie surtout le risque d'une panne de climatisation.
  • En télétravail : les conditions dépendent du logement et les salariés peuvent se retrouver isolés.
  • Lors des déplacements : la chaleur pose notamment la question de la vigilance et du risque routier.
  • Chez les clients : les chargés d'affaires interviennent dans des environnements qu'ils ne maîtrisent pas : locaux techniques, sous-sols, salles de contrôle, avec parfois des alternances importantes entre chaleur extérieure et espaces climatisés.

Les conditions d'exposition diffèrent fortement d'une situation à l'autre. Au siège, les locaux sont climatisés : le plan identifie surtout le risque d'une panne de climatisation. En télétravail, les conditions dépendent du logement et les salariés peuvent se retrouver isolés. Sur la route, la chaleur pose notamment la question de la vigilance et du risque routier. Chez les clients, les chargés d'affaires interviennent dans des environnements qu'ils ne maîtrisent pas : locaux techniques, sous-sols, salles de contrôle, avec parfois des alternances importantes entre chaleur extérieure et espaces climatisés.

Pour un même salarié, les situations de travail et les conditions d'exposition à la chaleur peuvent ainsi varier au cours d'une même journée. Pour Jérémy Coulot, cette diversité des situations pose aussi une difficulté à l'employeur : certaines difficultés peuvent rester invisibles si les salariés ne les font pas remonter.

"Sur ce genre de sujet, souvent, si on ne pose pas la question, ça ne remonte pas." (Jérémy Coulot)

3. Prévoir des réponses adaptées aux situations de travail

À partir de ce travail, Jérémy Coulot et le responsable RH construisent un plan chaleur qui prévoit des réponses différentes selon les situations de travail et le niveau de vigilance de Météo-France.

Le dispositif est progressif et cumulatif : les premières mesures sont déclenchées dès la vigilance jaune et renforcées en orange. En rouge, l'activité exposée est réduite au minimum. Et parce que les équipes sont réparties dans toute la France, le niveau de vigilance pris en compte est celui du département où chacun travaille ce jour-là.

🏠 En télétravail : trouver une solution quand le domicile devient trop chaud

Pour les salariés franciliens qui ont trop chaud chez eux, les bureaux climatisés de Courbevoie peuvent servir de lieu de repli. Pour ceux qui travaillent loin du siège, le plan prévoit la possibilité de rejoindre un lieu frais à proximité. Un forfait de 50 euros peut également financer un ventilateur ou un brumisateur.

👥 Pour les salariés isolés : garder le contact

La dispersion géographique des équipes pose une autre question : comment repérer une difficulté lorsqu'un salarié travaille seul, parfois à plusieurs centaines de kilomètres du siège ?

Le plan prévoit un système de " binômes de vigilance " lors des épisodes de chaleur. Les salariés concernés prennent régulièrement des nouvelles l'un de l'autre. Un simple message suffit et les binômes s'organisent entre eux. En l'absence de réponse, le manager et le responsable RH sont alertés. En cas d'urgence, le plan prévoit l'appel immédiat au 15 ou au 112.

Au-delà de la prévention du risque lié à la chaleur, Jérémy Coulot y voit aussi une manière de renforcer les liens entre des collègues qui, du fait de la dispersion géographique des équipes, se voient peu.

🚗 Sur la route : intégrer la chaleur au risque routier

Pour Jérémy Coulot, la vigilance au volant constitue un point d'attention particulier : plusieurs nuits difficiles pendant un épisode de chaleur peuvent accroître la fatigue des salariés qui prennent régulièrement la route. Le plan prévoit notamment d'adapter les horaires des interventions, de faire des pauses régulières et de reporter un trajet long non urgent ou de le remplacer par une visioconférence.

🏥 Chez les clients : anticiper ce que l'entreprise ne maîtrise pas

Dans les hôpitaux et cliniques, les chargés d'affaires peuvent intervenir dans des environnements très différents : locaux techniques, sous-sols, salles de contrôle, avec des alternances entre chaleur extérieure et espaces climatisés. Le plan prévoit notamment des pauses au frais et l'anticipation des temps d'attente pour accéder aux sites (badges, sas ou escortes) afin de limiter les périodes d'exposition.

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4. Tester le plan, puis l'ajuster

Une fois construit, le plan est présenté à l'ensemble des salariés lors d'une visioconférence animée par le responsable RH. La présentation est enregistrée pour les personnes absentes, puis le document est diffusé à toute l'équipe.

Après sa mise en œuvre, les salariés sont de nouveau interrogés : comment ont-ils vécu les épisodes de chaleur ? Le dispositif leur a-t-il été utile ? Que faudrait-il améliorer ?

Les retours recueillis sont positifs. Un ajustement se dessine néanmoins : lors de certains niveaux de vigilance, le plan prévoyait que les binômes prennent contact toutes les deux heures. Une fréquence jugée trop importante par certains salariés.

Ce premier retour d'expérience doit permettre de faire évoluer le dispositif. Construit rapidement pour répondre aux épisodes de chaleur de l'été 2026, le plan pourrait désormais être davantage formalisé et intégré aux systèmes qualité de l'entreprise. L'objectif, pour Jérémy Coulot : "le faire rentrer dans les mœurs".

📚 En parallèle : des salariés sensibilisés aux enjeux climatiques

Le plan chaleur s'inscrit chez Esprimed dans un travail plus large de sensibilisation aux enjeux environnementaux. Le bilan carbone de l'entreprise est présenté et discuté en interne et, lors de ses séminaires, Esprimed organise régulièrement des formations ou des ateliers autour des sujets écologiques.

Les salariés ont notamment participé à une Fresque du climat et assisté à une intervention sur les enjeux de responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Pour Jérémy Coulot, cette sensibilisation s'inscrit dans le temps : "C'est de la longue haleine. Il faut répéter".

🤝 Conseils entre pairs

Commencer par regarder les situations de travail concrètes. Même lorsque les locaux semblent peu exposés, d'autres situations peuvent l'être : télétravail, déplacements, interventions chez les clients… Pour Jérémy Coulot, c'est en examinant méthodiquement ces différentes situations que des risques jusque-là peu visibles sont apparus.

Associer les salariés à la construction des réponses. Le dirigeant recommande de les interroger sur leurs difficultés et leurs besoins avant de définir les mesures, puis de revenir vers eux après les épisodes de chaleur pour ajuster le dispositif.


Le Plan chaleur & canicule d'Esprimed

Esprimed met à disposition le plan chaleur présenté à ses salariés à l'été 2026. Il détaille les mesures prévues selon les niveaux de vigilance de Météo-France et les différentes situations de travail : au bureau, en télétravail, lors des déplacements et chez les clients.

Les solutions mobilisées dans ce retour d’expérience :

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Voici les solutions mises en œuvre, détaillées dans des fiches dédiées.

Date de dernière mise à jour : 22 septembre 2026