Jouer sur le rythme de travail
6. Permettre aux travailleurs d’adapter leur rythme de travail
Permettre aux salariés et aux agents d'adapter leur rythme de travail
Lorsque la chaleur est élevée, il peut être utile de permettre aux travailleurs d’ajuster leur rythme.
🔎 Exemple
Dans certaines activités industrielles, une ligne de production peut être prévue pour produire 100 unités par heure. En période de forte chaleur, l’entreprise peut accepter un rythme plus faible, par exemple 80 unités par heure, afin de tenir compte de la fatigue liée à la chaleur.
7. Augmenter la fréquence des pauses
Augmenter la fréquence des pauses et, en extérieur, adapter leur durée à la température.
Plus la température augmente, plus l’organisme doit fournir d’efforts pour maintenir sa température interne.
Il peut donc être nécessaire :
- d’augmenter la fréquence des pauses
- d’adapter leur durée selon la température
- de prévoir des pauses supplémentaires pour les activités physiques
Bon à savoir : la réglementation prévoit des pauses en cas de chaleur intense. Lorsque la température augmente, ces pauses peuvent être plus fréquentes ou plus longues.
Sur le terrain : adapter les temps de récupération aux situations de travail
Lors des épisodes de forte chaleur, de nombreuses organisations augmentent la fréquence des pauses ou réorganisent les temps de récupération pour limiter l’exposition des travailleurs aux périodes les plus chaudes.
Mais concrètement, ces adaptations prennent des formes très différentes selon les métiers, les horaires ou les environnements de travail.
🟡 À la Ville de Grenoble, certaines équipes de jardiniers peuvent terminer plus tôt lors des vigilances orange ou rouge afin d’éviter les heures les plus chaudes sur le terrain. Les temps de fin de journée sont davantage consacrés à des tâches réalisées à l’ombre ou dans les locaux.
🟡 Chez Leroy Merlin, les équipes organisent des rotations plus fréquentes pour permettre aux travailleurs de faire des pauses dans des espaces refuges climatisés lors des épisodes de forte chaleur.
Ces exemples montrent qu’une même mesure peut se traduire de manière très différente selon les contraintes de terrain, les bâtiments ou l’organisation du travail.
8. Adapter les horaires de travail
Aménager les horaires de travail permet de profiter des heures les moins chaudes de la journée et de limiter l’exposition à la chaleur.
Lorsque cela est compatible avec l’activité, l’organisation du travail et les contraintes des salariés et des agents (trajet domicile-travail) il est possible d’avancer le début de journée, de décaler certaines tâches (plus tôt ou plus tard) ou de fractionner les horaires (par exemple en évitant les heures les plus chaudes en milieu d’après-midi). Certaines organisations optent pour des horaires continus (6h-13h) ou des journées en deux temps, avec une pause prolongée aux heures les plus chaudes.
Ces aménagements gagnent à être discutés en amont avec les salariés et les agents et, lorsqu’ils existent, leurs représentants. Dans certaines situations, il peut aussi être nécessaire de réduire ou suspendre l’activité aux heures les plus chaudes.
Sur le terrain : avancer les horaires… quand c’est possible
🟡 En période de forte chaleur, la direction de l'entreprise Esaris Industries (Bas-Rhin) décale les horaires de ses opérateurs (environ 35 salariés) : les équipes commencent à 5h et terminent à 13h afin de concentrer le travail sur les heures les plus fraîches. Cet aménagement a été mis en place en tenant compte des contraintes de production et de l’organisation des équipes.
🟡 Mais ce type d’organisation ne peut pas toujours être appliqué partout de la même manière. Chez Rabot Dutilleul, dans le secteur du BTP, les ajustements d’horaires dépendent aussi des contraintes propres à chaque chantier : nuisances sonores pour les riverains, réglementation locale ou conditions d’éclairage.
Les décisions sont donc souvent prises au cas par cas, en tenant compte à la fois des contraintes d’organisation et de la protection des équipes.