Les Ateliers de l'Adaptation au Changement Climatique (AdACC)
Pour prendre conscience des enjeux, convaincre en interne et se mettre en action pour l'adaptation au changement climatique.
On a testé pour vous : l’atelier AdACC pour comprendre (vraiment) l’adaptation
Ma salle de bains est inondée. L’eau monte. L’inondation s’aggrave. Que faire ? Dans la salle, les réponses fusent :
-"Je mets les objets en hauteur."
- "J’écope."
- "Je pars."
L’animatrice sourit. Puis elle ajoute : "Et fermer le robinet ?"
Fermer le robinet, c’est l’atténuation. Écoper ou surélever les meubles, c’est l’adaptation. Pour réduire le risque climatique, il faut jouer sur les deux.
C’est par cette image simple et très parlante que débute l'Atelier de l’Adaptation au Changement Climatique (AdACC), auquel participe notre équipe en février 2026, au tiers-lieu de l’Esvière, près de la gare d’Angers. Café, thé, petits gâteaux… et une vingtaine de professionnels de santé venus réfléchir aux conséquences du changement climatique sur leur activité.
Pendant 3h30, nous avons testé le parcours standard de l'AdACC.
Comprendre le risque autrement
Avant même de parler d’hôpital ou de canicule, Anne-Cécile et Claire, les intervenantes, posent les bases. Une formule revient plusieurs fois : Risque = Aléa + Exposition + Vulnérabilité
Dans le cas des fortes chaleurs :
- Aléa : vagues de chaleur plus fréquentes, nuits tropicales, hausse des températures
- Exposition : bâtiments hospitaliers, services urbains, équipes en activité
- Vulnérabilité : fatigue, sous-effectif, pathologies, bâtiments peu adaptés
La chaleur seule ne suffit pas à créer un risque. C’est la combinaison de ces trois éléments qui le rend critique. Dans le secteur de la santé, cette grille de lecture est particulièrement éclairante : les patients sont vulnérables… mais les soignants aussi.
Atténuation et adaptation : deux leviers complémentaires
L’atelier clarifie une confusion fréquente.
L’atténuation, c’est agir sur les causes :
- lutter contre les émissions de gaz à effet de serre,
- à l’échelle mondiale,
- sur le long terme,
- avec des indicateurs relativement simples (tonnes de CO₂).
L’adaptation, c’est agir sur les conséquences :
- faire avec des étés plus chauds,
- à l’échelle locale,
- dès le court terme,
- avec des paramètres complexes et spécifiques à chaque organisation.
L’une ne remplace pas l’autre. Pour reprendre la métaphore de la salle de bains : fermer le robinet ne suffit pas si l’eau est déjà là. Une phrase projetée sur une diapositive résume bien l’esprit de la matinée :
"La diversité est une richesse indispensable pour s’adapter à la crise".
Croiser les regards est essentiel pour identifier les vulnérabilités réelles.
Éviter la maladaptation
Autre notion clé : la maladaptation.
Une mesure peut sembler protectrice… et pourtant aggraver le problème.
Par exemple :
- installer massivement de la climatisation sans réflexion globale,
- déplacer un risque d’un service vers un autre,
- créer un faux sentiment de sécurité.
À l’inverse, certaines actions génèrent des co-bénéfices :
- végétaliser les abords d’un bâtiment (baisse de température + amélioration du bien-être) ;
- repenser les horaires (réduction du stress thermique + meilleure qualité de vie au travail).
L’atelier propose une grille simple pour évaluer les mesures :
- efficacité face au climat
- impacts sur la santé
- équité
- acceptabilité
- effets à long terme
Ce cadre aide à dépasser les réactions “dans l’urgence”.
Le cas pratique : canicule à l’hôpital
Après les exercices collectifs, un cas réel est présenté. Noélise, participante, apporte la problématique de son établissement : comment faire face aux vagues de chaleur dans son hôpital ?
Nous sommes divisés en groupes.
Dans le nôtre, nous travaillons sur les soignants.
Dans celui de ma collègue Delphine, sur les patients.
La question évolue rapidement :
- Comment protéger les malades ?
- Mais aussi : comment protéger celles et ceux qui les soignent ?
Fatigue accrue, tension sur les effectifs, bâtiments conçus pour un autre climat, pression du système de soins… La vulnérabilité ne concerne pas uniquement les publics accueillis.
En fin de session, chaque groupe restitue en plénière. Les analyses se complètent. Les angles diffèrent. L’adaptation au changement climatique apparaît alors pour ce qu’elle est vraiment : un sujet organisationnel et humain, pas uniquement technique.
Ce que cet atelier apporte concrètement
En 3h30, on ne repart pas avec un plan d’action détaillé.
Mais on repart avec :
- une compréhension partagée du risque
- un vocabulaire commun
- une capacité à distinguer atténuation et adaptation
- une méthode pour analyser ses vulnérabilités
- une première priorisation des pistes d’action.
Pourquoi participer à un AdACC est pertinent pour la prévention des fortes chaleurs
Sensibiliser, informer et former ne se limite pas à rappeler les bons gestes.
Cela signifie :
- comprendre ce qui crée réellement le risque
- identifier les vulnérabilités organisationnelles
- ouvrir le dialogue
- passer d’une gestion de crise à une logique d’anticipation
Dans les établissements de santé, où la continuité de service est non négociable, cette démarche peut constituer un point d’entrée structurant.
L’atelier AdACC est un outil parmi d’autres pour amorcer une dynamique collective autour de la sensibilisation des employeurs et travailleurs aux fortes chaleurs.
Pour en savoir plus : (Ouvre une nouvelle fenêtre) Ateliers de l’Adaptation au Changement Climatique