Les effets de la chaleur sur la santé physique
La température moyenne du corps humain chez une personne en bonne santé est de 37 °C.
Pour maintenir cette température stable, l’organisme active des mécanismes physiologiques dits de thermorégulation.
Ils permettent d’évacuer la chaleur en cas de surexposition et d’éviter une augmentation excessive de la température corporelle ainsi que l’apparition progressive de conséquences sanitaires néfastes : troubles circulatoires, atteintes rénales, puis troubles neurologiques (confusion, délire, convulsions), pouvant aller jusqu’au coma voire au décès.
Selon les individus, la température maximale que peut supporter le corps humain est d’environ 42 °C pendant 1 à 8 heures.
⚖️ La neutralité thermique : la situation idéale
Une température de 23 °C dans l’air correspond à une situation dite de neutralité thermique. Cela signifie que, si une personne est au repos et non exposée au rayonnement solaire :
- sa température corporelle est stable autour de 37 °C,
- sa température de peau est d’environ 34 °C,
- son corps est en équilibre thermique.
C’est la situation d’ambiance idéale.
🔥 Au-delà de 23 °C : la contrainte thermique
Au-dessus de cette température environnementale (ambiance chaude), le corps doit se refroidir. En dessous (ambiance froide), il doit produire davantage de chaleur pour maintenir sa température interne. On parle de contrainte thermique pour caractériser l’écart entre la situation réelle et la situation idéale. Plus cet écart augmente, plus l’organisme est sollicité.
Comment le corps se refroidit
Face à une contrainte thermique chaude, le corps active 2 mécanismes principaux :
🩸 La vasodilatation :
Les vaisseaux sanguins se dilatent, ce qui augmente le débit sanguin vers la peau et favorise le transfert de chaleur des muscles vers l’extérieur
💧 L’évapo-transpiration :
La sueur sécrétée à la surface de la peau s’évapore et permet d’évacuer une partie de la chaleur corporelle.
Si la température extérieure est trop élevée ou si l’environnement est humide, ces mécanismes perdent en efficacité. La chaleur peut alors s’accumuler dans l’organisme, entraînant une élévation progressive de la température corporelle et l’apparition de troubles sanitaires pouvant aller jusqu’au coup de chaleur.
La contrainte thermique, ou stress thermique
On parle de contrainte thermique (ou stress thermique) lorsque le corps n’arrive plus à réguler correctement sa température. Il se crée alors un déséquilibre thermique entre la chaleur produite par l’organisme et la chaleur qu’il parvient à évacuer.
Les paramètres de l’équilibre thermique
La contrainte thermique dépend de 3 types de paramètres :
1️⃣ L’activité physique (métabolisme)
Lorsqu’une personne effectue un effort physique, son corps produit naturellement de la chaleur. Plus l’activité est intense, plus cette production de chaleur est importante. Si cette activité se déroule dans une ambiance chaude, la chaleur produite par l’organisme s’ajoute à la chaleur environnementale.
2️⃣ Les vêtements portés
Les vêtements influencent fortement la capacité du corps à évacuer la chaleur.
À 40 °C, la situation n’est pas la même selon que l’on porte un t-shirt ou plusieurs couches épaisses. Au travail, cela concerne notamment : les combinaisons de protection, les vêtements anti-brûlures, les équipements de protection individuelle, les chaussures de sécurité.
Certaines situations de travail imposent le port de vêtement spécifiques (combinaisons de protection, pantalons, chaussures de sécurité, gants, casques, EPI).
- Plus un vêtement est isolant, plus il va empêcher la chaleur corporelle de s’évacuer.
- Plus il est blanc ou clair, moins il va capter et absorber les rayons du soleil et donc moins il va contribuer augmenter la chaleur corporelle.
- Plus un vêtement est ample et respirant, plus il laisse passer l’air et donc favorise l’évapo-transpiration.
3️⃣ Les conditions environnementales
Les conditions environnementales reposent sur 4 paramètres principaux :
Il s’agit de la température de l’air mesurée à l’ombre. Elle est toujours exprimée à l’ombre (référence Météo France). Cela n’a pas de sens de la mesurer au soleil puisque dans ce cas la mesure va dépendre des propriétés d’émissivité du tube constituant le thermomètre.
La température de rayonnement correspond à la manière dont la chaleur est transférée entre le corps et les objets environnants, sans contact direct.
Il s’agit d’un transfert de chaleur par ondes.
Le rayonnement ne chauffe pas l’air, mais les surfaces exposées.
Il peut provenir :
- d’objets chauds (métal chauffé, chaudière, canalisations de vapeur),
- d’objets froids (surfaces métalliques refroidies),
- ou du rayonnement solaire (charge solaire).
La température de l’air peut être identique au soleil ou à l’ombre.
Pourtant, l’exposition au rayonnement solaire modifie fortement la sensation thermique.
Exemple :
La vitre d’un poêle peut rayonner de la chaleur vers le visage sans que la température de l’air ambiant augmente.
À température égale, une ambiance humide est plus pénalisante pour l’organisme qu’une ambiance sèche.
Lorsque l’air est déjà saturé en vapeur d’eau, l’évapo-transpiration devient moins efficace.
La sueur s’évapore plus difficilement, ce qui limite l’évacuation de la chaleur.
Plus l’air est sec, plus la sueur s’évapore rapidement et facilement.
Un air sec facilite donc le refroidissement du corps par évaporation.
En revanche, un air humide empêche l’évaporation efficace de la sueur et limite la capacité du corps à se rafraîchir.
Exemple :
Les blanchisseries industrielles (présence de sèche-linge, fers à repasser) combinent chaleur et forte humidité, créant des ambiances particulièrement contraignantes.
La vitesse de l’air correspond au vent ou à un courant d’air.
Elle agit sur les échanges thermiques par un mécanisme appelé convection forcée.
Un mouvement d’air facilite l’évaporation de la sueur et peut améliorer le confort thermique.
Si la température de l’air est inférieure à la température de surface du corps (environ 34 °C), le mouvement d’air contribue au rafraîchissement corporel.
Il aide à évacuer la chaleur.
En revanche, si la température de l’air dépasse 34 °C, l’air devient plus chaud que la surface du corps.
Le mouvement d’air peut alors apporter de la chaleur au corps humain par convection.
Dans ces conditions, l’utilisation de ventilateurs ou de courants d’air n’est pas recommandée.
Les affections liées à la chaleur
L’exposition à la chaleur peut entraîner différents effets sanitaires directs. Ils sont classés selon leur gravité en 4 niveaux :
| Niveaux | Symptômes principaux |
|---|---|
🟢 1. Atteintes cutanées et signes généraux légers |
Rougeurs (coup de soleil), douleurs, œdème, vésicules, fièvre, maux de tête. |
🟡 2. Crampes et malaise |
Crampes de chaleur : spasmes musculaires douloureux (jambes ou abdomen). Transpiration importante pouvant entraîner une déshydratation. Syncope de chaleur : perte de connaissance soudaine et brève après une immobilité ou l’arrêt d’un travail physique intense. |
🟠 3. Épuisement lié à la chaleur |
Transpiration abondante, fatigue intense, maux de tête, nausées, faiblesse musculaire. Déshydratation marquée. Température corporelle inférieure à 40 °C. Sans prise en charge, évolution possible vers un coup de chaleur. |
🔴 4. Coup de chaleur = urgence vitale |
Température corporelle supérieure à 40,6 °C. Troubles neurologiques (confusion, délire, convulsions), perte de conscience possible. Défaillance de la thermorégulation pouvant entraîner le décès. |
Effet cumulatif de l’exposition à la chaleur
Les effets de la chaleur peuvent s’accumuler au fil des jours. Lors d’un épisode de canicule, une personne peut perdre entre 5 et 8 litres d’eau par jour par la transpiration. Si les apports hydriques ne compensent pas ces pertes, un déficit d’hydratation s’installe progressivement. La déshydratation peut alors s’aggraver d’un jour à l’autre, d’autant plus si le sommeil est perturbé. Cette accumulation favorise l’apparition d’un syndrome d’épuisement et augmente le risque d’évolution vers un coup de chaleur.
👥 La prise en compte des vulnérabilités individuelles
L’exposition à la chaleur ne présente pas les mêmes risques pour tous les travailleurs.
Certaines caractéristiques individuelles peuvent augmenter la vulnérabilité.
Principaux facteurs de risques individuels
- Absence d’acclimatation : l’acclimatation à la chaleur est généralement obtenue en 8 à 12 jours d’exposition progressive. Elle est transitoire et peut disparaître en environ 8 jours en l’absence d’exposition.
- Condition physique insuffisante : le manque d’entraînement ou d’habitude à l’effort physique peut constituer un facteur de risque lors de tâches physiquement contraignantes.
- Antécédents médicaux : maladies cardio-vasculaires, respiratoires, diabète, insuffisance rénale, etc.
- Prise de médicaments : diurétiques, antihistaminiques, antidépresseurs, etc.
- Grossesse en cours
- Consommation d’alcool ou de drogues
- Âge supérieur à 55-60 ans
- Obésité ou dénutrition
Certaines de ces informations (par exemple l’absence d’acclimatation) peuvent être connues de l’employeur. D’autres relèvent du secret médical. L’employeur ne peut pas accéder aux données médicales individuelles. Il convient donc de s’appuyer sur les recommandations du médecin du travail.
Chaleur et santé mentale
La chaleur peut aussi affecter l’équilibre psychique. Les nuits trop chaudes perturbent le sommeil, entraînant fatigue, irritabilité et difficultés de concentration. Ces effets peuvent augmenter l’anxiété ou aggraver certains troubles de l’humeur. Ils sont généralement plus marqués chez les personnes déjà vulnérables (personnes âgées, troubles psychiques, isolement).
Et quand il fait chaud au travail ?
La chaleur devient encore plus difficile à supporter lors d’une activité physique, d’un effort prolongé ou dans un environnement peu ventilé. Dans ces situations, les mécanismes naturels de refroidissement du corps sont davantage sollicités et les signes d’épuisement peuvent apparaître plus rapidement.
Pour aller plus loin
Les vagues de chaleur et leurs effets sur la santé Ouvre une nouvelle fenêtre
Une page du ministère de la Santé pour comprendre les effets des fortes chaleurs sur l’organisme et les principaux gestes de prévention.
