Connaître la règlementation en période de chaleur

En tant qu’employeur, vous avez l’obligation de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de vos travailleurs, conformément à l’article L.4121-1 du Code du travail et aux principes généraux de prévention.

À ce titre, il vous appartient d’évaluer les risques au travail en période de chaleur intense.

Concrètement, cette évaluation consiste à :

Depuis le 1er juillet 2025, le Code du travail a complété ces dispositions générales existantes via le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025. Celui-ci prévoit des mesures minimales à mettre en place lorsque les seuils de vigilance météorologique jaune, orange ou rouge du dispositif de vigilance de Météo-France sont activés.


Quand est-on en épisode de chaleur intense selon le code du travail ? 

Définition au sens de l’article R.4463-2 du Code du travail

L’épisode de chaleur intense est défini en fonction des seuils de vigilance élaborés par Météo-France :

🟢 Vigilance verte => Pas de vigilance particulière 

🟡 Vigilance jaune => Pic de chaleur avec exposition de courte durée (1 à 2 jours) à une chaleur intense ou épisode persistant de chaleur avec des températures élevées durablement. 

🟠 Vigilance orange => Période de canicule avec chaleur intense et durable. 

🔴 Vigilance rouge => Période de canicule exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique. 

Tableau à deux lignes montrant les niveaux de vigilance météo de vert à rouge, et indiquant qu’un épisode de chaleur intense est reconnu uniquement aux niveaux jaune, orange et rouge.


L’épisode de chaleur intense est défini lorsque le niveau de vigilance jaune, orange ou rouge est émis par Météo-France. 

💡 Le saviez-vous ?

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 définit également la canicule au sens du Code du travail (article D.5424-7-1). Dans les entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP), cette définition peut ouvrir droit à l’indemnisation des arrêts de travail liés aux intempéries.


Chaleur-travail-reglementation

Quelles mesures de prévention l’employeur doit-il mettre en place en cas d’épisode de chaleur intense ?

Selon l’article R. 4463-2 du Code du travail, en cas d’épisode de chaleur intense, l’employeur doit mettre en œuvre, a minima, des mesures de prévention destinées à réduire les risques liés à l’exposition à la chaleur.
Ces mesures portent sur l’organisation du travail, l’adaptation des activités, les conditions matérielles, l’accès à l’eau, la protection des travailleurs et la capacité à réagir en cas de malaise ou de détresse.

Les mesures organisationnelles de nature à réduire le risque d’exposition des travailleurs à la chaleur peuvent notamment comprendre :

  • la mise en place du télétravail, lorsque cela est possible,
  • l’adaptation des horaires de travail,
  • la limitation du temps d’exposition à la chaleur,
  • l’augmentation de la fréquence ou de la durée des pauses nécessaires à la récupération.

Lorsque les conditions de travail le nécessitent, l’employeur met en œuvre des mesures concrètes de limitation ou de report du travail physique, ou toute autre mesure de prévention appropriée :

  • en cas de risque imminent pour les travailleurs,
  • ou en cas d’apparition de symptômes liés à la chaleur.

Des mesures techniques complémentaires peuvent être adoptées afin de limiter les effets de la chaleur sur les postes de travail, notamment :

  • des dispositifs permettant de réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées.

L’employeur tient compte de toute proposition ou préconisation, collective ou individuelle, formulée par le médecin du travail.

L’employeur met à disposition des travailleurs :

  • des quantités journalières suffisantes d’eau potable, permettant à chaque travailleur de se désaltérer, de s’hydrater, de se rafraîchir et d’assurer sa propreté individuelle,
  • un moyen de maintenir au frais, tout au long de la journée de travail, l’eau destinée à la boisson, à proximité des postes de travail.

Lorsque des travailleurs sont exposés aux effets du soleil ou de la chaleur intense, l’employeur prévoit, à proximité des postes de travail :

  • un endroit ombragé,
  • ou un espace ventilé,
  • ou un espace rafraîchi.

L’employeur définit :

  • les modalités de signalement de toute apparition d’indice physiologique préoccupant, de situation de malaise ou de détresse,
  • les modalités destinées à porter secours, dans les meilleurs délais, à tout travailleur, et plus particulièrement aux travailleurs isolés ou éloignés.

L’employeur met à disposition des équipements de protection individuelle :

  • permettant de limiter ou de compenser les effets des fortes températures,
  • permettant de se protéger des effets des rayonnements solaires directs ou diffusés.

Lorsqu’une entreprise extérieure intervient dans un établissement, notamment dans les secteurs du bâtiment et du génie civil, les épisodes de chaleur intense doivent être pris en compte dans les documents de prévention obligatoires.

  • Intégration des épisodes de chaleur intense dans le Plan général de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé (PGCSPS) (article R.4532-44).
  • Intégration des épisodes de chaleur intense dans le Plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS) (article R.4532-64).
  • Évolution de l’article R.4534-143 concernant la mise à disposition d’eau potable en quantité suffisante sur les chantiers non raccordés à l’eau potable.
  • Évolution de l’article R.4535-13 concernant les travailleurs indépendants.

À retenir - DUERP
Lors de la survenue d’un épisode de chaleur intense, l’employeur met en œuvre les mesures ou actions de prévention établies et mises à jour dans le Document unique d’évaluation des risques (DUERP).

Ces mesures doivent être adaptées au quotidien si nécessaire, en cas d’intensification de la chaleur.


Chaleur-travail-santé

Certains travailleurs sont plus vulnérables que d'autres face à la chaleur

Certaines caractéristiques individuelles peuvent augmenter les risques liés au travail à la chaleur.
Si certaines informations sont accessibles à l’employeur (habitude de la tâche, acclimatation, âge), d’autres sont confidentielles et ne peuvent être prises en compte que par le médecin du travail.
Celui-ci joue un rôle essentiel dans l’évaluation du risque à l’échelle de chaque individu.

Ces facteurs peuvent être observés ou anticipés dans l’organisation du travail.

  • Absence d’acclimatation :
    l’acclimatation à la chaleur est généralement obtenue en 8 à 12 jours. Elle est transitoire et disparaît en environ 8 jours en l’absence d’exposition.

  • Condition physique et habitude de la tâche :
    le manque d’habitude dans l’exécution de tâches physiques astreignantes constitue un facteur de risque.

Certaines situations personnelles ou médicales peuvent augmenter la vulnérabilité à la chaleur.
Ces informations sont confidentielles et ne peuvent être prises en compte que par le médecin du travail.

  • Pathologies chroniques, notamment cardiovasculaires, respiratoires, neuropsychiques, endocriniennes (diabète, hyperthyroïdie) ou rénales.
  • Prise de certains médicaments, tels que des diurétiques, antihypertenseurs, antihistaminiques, antiparkinsoniens, psychotropes ou antidépresseurs.
  • Consommation d’alcool ou de drogues.
  • Grossesse.
  • Âge : avec l’avancée en âge, les capacités d’adaptation aux contraintes thermiques diminuent.
  • Obésité ou dénutrition.

🔒 L’employeur n’a pas à connaître ces informations.
En cas de doute, il s’appuie sur le médecin du travail, seul habilité à évaluer le risque individuel.

Les travailleurs de moins de 18 ans présentent une sensibilité particulière aux contraintes thermiques.
Une vigilance renforcée est nécessaire lors des épisodes de chaleur intense.


🧾 EN RÉSUMÉ


- L’employeur est tenu
, en application de l’article L. 4121-1 du Code du travail, de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés.


- Le Code du travail ne fixe pas de seuil de température
à partir duquel il serait interdit ou dangereux de travailler.

- Depuis le 1er juillet 2025, le Code du travail prévoit de nouvelles mesures de prévention que l’employeur doit mettre en place a minima lorsque les seuils de vigilance météorologique jaune, orange ou rouge sont activés par Météo-France.


Sources / Pour aller plus loin