Pocheco : créer un îlot de fraîcheur durable sur un site industriel
- Secteur : fabrication d’enveloppes en papier
- Taille : 98 salariés, PME industrielle
- Localisation : Forest-sur-Marque (59)
- Conditions de travail : travail en atelier et en extérieur
🛠️ Ce qui a été mis en place
L’approche retenue consiste d’abord à limiter les besoins en rafraîchissement, en s’appuyant sur des solutions fondées sur la nature, comme l’isolation et l’ombrage.
Lorsque cela ne suffit pas, des solutions techniques sobres sont utilisées, en évitant la climatisation classique. L’eau de pluie est réutilisée partout où c’est possible.
Regardons cela de plus près :
1. Végétaliser le site et améliorer le cycle de l'eau
Pocheco s’appuie sur la nature pour faire baisser la chaleur, avec des effets concrets sur le site.
Les voiries ont été désimperméabilisées et végétalisées, tout en restant carrossables. Les toitures et les murs sont également végétalisés. Le site compte 1,5 hectare de potager et une mare. Aujourd’hui, 85 % des surfaces sont végétalisées. Le site est classé refuge LPO.
L’eau de pluie est gérée sur le site, dans une logique de cycle de l’eau : elle est en partie ralentie et infiltrée (≈ 35 %), en partie stockée puis utilisée (≈ 10 %), et en grande partie évapotranspirée (≈ 55 %). Le site est déraccordé. L'eau de pluie couvre l’ensemble des usages non potables : sanitaires, dilution des encres, lavage des encres et rafraîchissement adiabatique.
2. Isoler l'usine et les bureaux : optimiser leur fonctionnement
Plutôt que d’installer ou de maintenir une climatisation classique, Pocheco a fait le choix d'isoler les bâtiments et d'optimiser leur fonctionnement.
Le confort d’été repose aujourd’hui sur le renouvellement de l’air, l’isolation et la conception des espaces. Cinq rafraichisseurs ont été installés.
Dans les bureaux, la température ne dépasse plus 26 °C. En atelier, lorsque ce seuil est ponctuellement franchi, le rafraîchissement adiabatique est activé pour revenir sous les 26 °C.
3. Rafraîchir l'air avec de l'eau de pluie
Le rafraîchissement adiabatique (1) consiste à faire passer l’air sur un milieu humide afin de le refroidir naturellement, avec une consommation électrique très limitée.
Cinq appareils sont installés en toiture ou sous plafond. L’air traverse un filtre humide et ressort plus frais, avec un abaissement mesuré d’environ 5 °C sur l’air soufflé (et un ressenti de 7 à 8 °C).
Le dispositif est activé 4 à 5 jours par an, dès que la température intérieure atteint 25-26 °C.
Chaque appareil consomme environ 5 litres d’eau par heure, fournis par les cuves d’eau de pluie, après traitement par UV et filtration des particules.
Le système consomme environ dix fois moins qu’une climatisation classique et n’utilise aucun fluide frigorigène. Des contrôles sanitaires sont réalisés avec le fabricant et l’INRS.
💶 Combien ça coûte ? Les aménagements présentés ici n’ont pas été réalisés en une seule fois. Ils résultent d’une démarche progressive, étalée sur plus de 25 ans, avec des investissements de niveaux variables selon les leviers.
Résultats obtenus
Les aménagements mis en place ont des effets concrets et durables sur le site et les conditions de travail.
L’effet cumulé de la végétalisation, de la gestion de l’eau de pluie, de l’amélioration du bâtiment et du rafraîchissement adiabatique est aujourd’hui clairement visible pour les équipes.
🏭 Sur le site et le travail au quotidien :
- Atelier : plus de malaises liés à la chaleur depuis les travaux. Il y a 25 ans, des pics supérieurs à 30 °C en provoquaient.
- Bureaux : un confort d’été assuré sans climatisation classique.
- Inondations : aucune sur les deux dernières années, malgré de très forts épisodes pluvieux. Par le passé, les palettes devaient être surélevées.
- Biodiversité : 400 espèces recensées en juin 2025, contre une trentaine il y a 25 ans.
- Usage des eaux : les eaux pluviales couvrent 80 % des besoins en eau du site. Seuls quelques pourcents sont rejetés, évapotranspirés ou repartent à la rivière, contribuant ainsi au bon fonctionnement du cycle de l'eau du site et de son bassin versant.
🩺 Santé et sécurité au travail :
- Accidents du travail avec arrêt - taux de fréquence : 0,00 sur la période 2023-2024, contre 19,0 en moyenne dans la branche.
Depuis 30 ans, nous plaçons le vivant au cœur de notre stratégie. Cette démarche nous amène à innover sur les produits, les process, à rénover nos bâtiments, revoir l’aménagement du site et ses interactions avec le territoire... Accueillir la biodiversité sur un site industriel rend de nombreux services, notamment celui de garantir de meilleures conditions de travail : le végétal crée des îlots de fraicheur bien appréciés lors des vagues de chaleur d’été.
- Directrice du bureau Ouvert, Pocheco
Les leviers mobilisés dans ce retour d’expérience :
Ce témoignage vous inspire, même en partie ?
Voici les solutions mises en œuvre, détaillées dans des fiches dédiées.
🌳 💧Aménager vos espaces extérieurs en s'appuyant sur des solutions fondées sur la nature
(1) Rafraîchissement adiabatique : procédé de rafraîchissement de l’air basé sur l’évaporation de l’eau, qui permet de faire baisser la température sans recourir à une climatisation classique.
Crédit photo : Pocheco
Date de dernière mise à jour : 5 février 2026