Le dialogue social face aux fortes chaleurs
Quand il fait chaud, ce sont souvent les salariés qui perçoivent les premiers signaux de risque. Le dialogue social permet de les faire remonter et d’adapter le travail avant qu’une situation ne devienne dangereuse.
Pourquoi parler de chaleur avec vos équipes ?
La chaleur modifie les conditions réelles de travail. Elle agit sur le corps, l’attention, la fatigue et la capacité à tenir un rythme normal, avec des effets possibles sur la productivité et la continuité de l’activité.
Ces effets ne se traduisent pas toujours par un accident ou un malaise, mais par des signaux précurseurs (fatigue, baisse de vigilance, erreurs, inconfort) que les salariés, directement exposés aux conditions de travail, sont les premiers à percevoir. En parler avec eux permet d’agir avant que la situation ne se dégrade.
Le dialogue social : un levier reconnu de la prévention
La prévention des risques professionnels ne repose pas uniquement sur des règles ou des équipements. Elle s’appuie aussi sur des valeurs et des bonnes pratiques, parmi lesquelles le dialogue social occupe une place centrale.
Selon les principes portés par l’INRS, l’adhésion des salariés est une condition indispensable à l’efficacité des mesures. Cela suppose de prendre en compte la réalité du travail et d’associer les personnes concernées aux décisions qui les impactent. (1)
Dans le cas de la chaleur (où les situations varient selon les postes, les horaires et les personnes), le dialogue social aide à anticiper les risques et à éviter des réponses inadaptées ou tardives.
Fortes chaleurs et dialogue social : état des lieux
Les fortes chaleurs restent encore peu intégrées de manière structurée dans le dialogue social.
• 380 accords d’entreprise traitant des fortes chaleurs identifiés entre 2022 et 2024, sans progression notable malgré la répétition des épisodes. (2)
• 8 % seulement de ces accords combinent à la fois :
- des adaptations de l’organisation du travail,
- des conditions de travail,
- et des actions à destination des salariés. (2)
Même si le dialogue social est reconnu comme un levier de prévention, son usage reste encore à construire face aux fortes chaleurs.
Qui impliquer dans le dialogue social, selon la taille de l’entreprise ?
Quelle que soit la taille de l’entreprise, l’essentiel est de pouvoir échanger sur le travail réel et d’associer les personnes concernées.
👥 Avec des représentants du personnel (CSE / CSSCT)
Dans les entreprises disposant de représentants du personnel, le dialogue social peut s’appuyer sur le comité social et économique (CSE) ou, lorsqu’elle existe, la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT).
Ces instances permettent de structurer les échanges, de faire remonter les situations à risque et de discuter des adaptations à prévoir.
📘 Pour aller plus loin : l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT) propose un guide pour agir sur la santé, la sécurité et les conditions de travail au sein du CSE. (3)
🗣️ Sans représentants du personnel
Dans les entreprises qui ne disposent pas de représentants du personnel, le dialogue social peut se faire directement avec les salariés.
Des échanges réguliers, même informels, permettent d’identifier ce qui devient plus difficile ou plus risqué quand les températures augmentent.
🛠️ Pour outiller la démarche : l’outil OiRA TPE (INRS) aide les employeurs à évaluer les risques professionnels et à structurer un plan d’actions adapté à leur activité.
👥 Avec des représentants du personnel (CSE / CSSCT)
Dans les entreprises disposant de représentants du personnel, le dialogue social peut s’appuyer sur le comité social et économique (CSE) ou, lorsqu’elle existe, la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT).
Ces instances permettent de structurer les échanges, de faire remonter les situations à risque et de discuter des adaptations à prévoir.
📘 Pour aller plus loin : l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT) propose un guide pour agir sur la santé, la sécurité et les conditions de travail au sein du CSE. (3)
🗣️ Sans représentants du personnel
Dans les entreprises qui ne disposent pas de représentants du personnel, le dialogue social peut se faire directement avec les salariés.
Des échanges réguliers, même informels, permettent d’identifier ce qui devient plus difficile ou plus risqué quand les températures augmentent.
🛠️ Pour outiller la démarche : l’outil OiRA TPE (INRS) aide les employeurs à évaluer les risques professionnels et à structurer un plan d’actions adapté à leur activité.
De quoi parler concrètement quand il fait chaud ?
- Organisation du travail
Certains horaires, rythmes ou tâches deviennent plus éprouvants quand les températures augmentent. En parler permet d’identifier ce qui pose problème et d’envisager des adaptations ponctuelles et/ou permanentes. - Conditions de travail et équipements
Chaleur dans les locaux, exposition en extérieur, accès à l’eau, port d’EPI ou de tenues contraignantes : les retours du terrain permettent d’évaluer si les moyens en place sont suffisants et adaptés. - Signaux d’alerte observés
Fatigue inhabituelle, baisse de vigilance, erreurs plus fréquentes, malaise ou difficulté à tenir le poste. Ces informations sont essentielles pour ajuster la prévention avant qu’une situation ne devienne critique.
En période de forte chaleur, l’absence d’échanges peut conduire à des décisions tardives ou inadaptées. Le dialogue social permet au contraire d’anticiper les difficultés et de sécuriser l’organisation du travail.
Des situations réelles, issues du terrain, illustrent ces enchaînements de causes et de conséquences.
Sources / Pour aller plus loin
(1)
(Ouvre une nouvelle fenêtre) INRS - Valeurs essentielles et bonnes pratiques (Démarches de prévention).
(2)
(Ouvre une nouvelle fenêtre) Sextant Expertise - Étude Accords climat (novembre 2025) : accords d’entreprise et fortes chaleurs (2022-2024).
(3)
(Ouvre une nouvelle fenêtre) ANACT - guide Agir sur la santé, la sécurité et les conditions de travail au sein du CSE
(4)
(Ouvre une nouvelle fenêtre) INRS - OiRA : outil d’évaluation des risques pour les TPE.